À 200 km/h dans un ballet aérien : le parcours du vice-champion de France de wingsuit breton

Oscar Mathieu · 11 août 2026 · 5 min read · 1010 words

Le 2 août, à Grenoble, Romain Ravon est devenu vice-champion de France de vol en wingsuit acrobatique. Cet habitant d’Arzal, dans le Morbihan, pratique un sport extrême où le corps devient une aile. Plonger d’un avion à 4 000 mètres, enchaîner des figures à près de 300 km/h, puis ouvrir son parachute à 1 500 mètres. Il raconte ce ballet aérien, son parcours et ses ambitions. Son équipe a décroché l’argent. Une performance qui place ce Breton parmi les meilleurs Français de la discipline.

Un championnat de France exigeant à Grenoble

Les épreuves se sont tenues du 31 juillet au 2 août, dans le ciel isérois. Romain Ravon faisait partie d’une équipe de trois pilotes. Deux performeurs exécutent les figures imposées par les juges. Le troisième, caméraman, doit filmer toute la séquence. L’ensemble doit être synchronisé au maximum.

Cette année, l’équipe alignait Romain Ravon, Thomas Duval et David Delagoutte. Le podium a souri à ces trois hommes. Une médaille d’argent qui récompense des mois de préparation, entre le club de parachutisme de Vannes à Monterblanc et les sessions de vol. Le niveau était élevé, avec des équipes venues de toute la France.

Une chorégraphie aérienne millimétrée

Le wingsuit acrobatique n’est pas un simple saut. Les performeurs tirent au sort des figures à réaliser : tonneaux, pirouettes, saltos. Le tout doit être fluide, rapide, propre. « Un peu comme de la danse artistique, mais dans le ciel et à 200 km/h », explique Romain Ravon, avec le sourire.

Chaque saut dure environ 65 secondes, de la sortie d’avion à l’ouverture du parachute. Une éternité quand le corps file à plus de 200 km/h. Les juges au sol ne voient rien. Ils dépendent entièrement de la vidéo rapportée par le caméraman. C’est là que se joue la différence.

Le cameraman, cerveau de l’équipe

Romain Ravon occupait cette place centrale. Son rôle ne se limite pas à filmer. Il guide les deux performeurs en plein vol. Il régule les vitesses, corrige les trajectoires, rappelle la zone d’atterrissage. Sans lui, impossible de marquer des points.

« On parle aux équipiers pour rééquilibrer si l’un est trop rapide. On les replace par rapport au sol. C’est du coaching en temps réel. » Cette mission exige une vision panoramique et un sang-froid absolu. Romain Ravon y excelle. Il décroche d’ailleurs des points supplémentaires grâce à la qualité de ses images.

La vitesse complique tout. À 300 km/h, chaque décision est immédiate. Un écart de quelques mètres et la figure est ratée. La concentration doit rester totale pendant toute la chute.

Des montées d’adrénaline incomparables

Avant le wingsuit, Romain Ravon pratiquait les sports de glisse. Rien à voir, dit-il. Cette discipline offre des sensations uniques. La combinaison ailée transforme le corps en profil aérodynamique. Le sol défile à une vitesse folle, et pourtant, la chute paraît lente quand les repères visuels sont réduits.

Les vitesses maximales frôlent les 300 km/h. Le gainage doit être permanent pour résister à la pression. C’est épuisant, mais grisant. Ce Breton de 33 ans a trouvé là un terrain de jeu à la mesure de ses attentes.

Le parcours d’un Breton passionné

Employé en marketing cybersécurité chez ESET, Romain Ravon consacre son temps libre au ciel. Il s’entraîne régulièrement au-dessus de la Bretagne. Le club de parachutisme de Vannes, à Monterblanc, sert de base. C’est là qu’il a appris les bases du parachutisme, avant de se tourner vers le wingsuit.

Son palmarès commence à s’étoffer. L’an dernier, il avait déjà remporté l’argent dans l’épreuve de performance. Cette année, il confirme en acrobatique. Une progression constante, méthodique, loin des clichés de casse-cou. Chaque vol est préparé comme une opération technique.

Le soutien de son sponsor ESET, également son employeur, lui permet de financer l’équipement. Les combinaisons de wingsuit coûtent cher. Elles évoluent vite, poussant les pilotes à se renouveler sans cesse.

Les figures qui impressionnent les juges

Pour briller, il faut maîtriser des figures complexes. Chaque mouvement est noté sur l’exécution et la précision. Les saltos arrière nécessitent une confiance totale dans son équipement. Les tonneaux demandent une symétrie parfaite. L’équipe qui répond le mieux aux critères l’emporte.

Les compétiteurs doivent aussi gérer l’attente. Entre deux sauts, les heures s’écoulent. La météo joue un rôle clé. Un vent trop fort ou des nuages bas et tout est reporté. La patience fait partie du jeu.

Cap sur les prochains championnats

Romain Ravon ne compte pas s’arrêter là. Il prépare une nouvelle combinaison « plus puissante », selon ses mots. L’objectif : viser plus haut, plus vite, plus fort. Il veut concourir dans les deux disciplines l’an prochain : la performance et l’acrobatie.

Ce vice-champion de France breton incarne une passion sans limites. Entre sécurité et adrénaline, il trace sa route. Son prochain défi commence déjà. Le championnat de France de wingsuit 2026 l’attend.

Les étapes clés d’une compétition de wingsuit

Une compétition ne se résume pas aux sauts. Voici les principales phases, depuis la préparation jusqu’au verdict des juges.

Chaque étape compte. La moindre erreur se voit à l’écran. Le wingsuit reste un sport extrême, mais il demande une maîtrise technique impressionnante. Romain Ravon, lui, a déjà coché toutes les cases. Son avenir dans le ciel s’annonce prometteur.